
Mégapole des Mooziarfs
Cette installation immersive de 9 m² se déploie comme une métaphore architecturale du cycle de la vie : l’émergence, la croissance et l’effondrement. Réalisée entièrement en carton, une matière humble, périssable et marquée par son usage précédent, l’œuvre interroge l’impermanence de nos structures sociales et individuelles.
En utilisant ce matériau de rebut, issu de mon propre déménagement ou glané dans l’espace urbain, je souligne la fragilité inhérente à tout ce que l’homme érige pour se rassurer. Derrière l’apparente solidité des façades de cette ville de papier, se révèle la précarité de nos constructions face au temps. Le processus de création repose sur une économie de moyens techniques qui renforce la dimension organique du projet.
Réalisée en seulement trois semaines avec des outils rudimentaires comme le cutter, les ciseaux et le pistolet à colle, l’installation porte en elle les traces de sa fabrication spontanée. Cette simplicité d’exécution souligne la vulnérabilité du carton et fait écho au caractère précaire de la ville représentée. Ils incarnent une humanité qui continue par inertie, faute de savoir faire autrement, prisonnière d’une existence dont les fondements lui échappent.
Derrière la surface d’une apparente sympathie, cette œuvre dévoile un « absurde tranquille », une aliénation douce où le sujet est à la fois présent dans son action et totalement absent de lui-même. En confrontant le spectateur à cette normalité défaillante, je cherche à révéler la fragilité des rôles sociaux et l’étrangeté profonde qui sourd sous le vernis du banal.

La métropole en carton, Installation éphémère dans le centre
d’échange de Perrache organisé par Omart et Métronomi (Lyon
2025)
9 m2 – Cartons



